L'ingratitude (Charlotte bronté)

Charlotte Brontë’s French homework for 16 March 1846, as handed in to her teacherUn Rat, las de la vie des villes, et des cours; (car il avait joué son rôle aux palais des rois et aux salons des grand seigneurs) un rat, que l’expérience avait rendu sage, enfin, un rat qui de courtisan était devenu philosophe, s’était retiré à sa maison de campagne (un trou dans le tronc d’un grand ormeau) où il vivait en ermite et dévouait tout son temps et tous ses soins à l’éducation de son fils unique.

Le jeune rat qui n’avait pas encore reçu de ces leçons sévères mais salutaires que donne l’expérience, était un peu étourdi; les sages conseils de son père lui semblaient ennuyeux; l’ombre et la tranquillité des bois, au lieu de calmer son esprit, le fatiguaient. Il s’impatientait de voyager et de voir le monde.

Un beau matin, il se levait de bonne heure, il fit un petit paquet de fromage et de grain, et sans mot dire à personne l’ingrat abandonna son père et le logis paternel et partit pour des pays inconnus.

D’abord tout lui parut charmant; les fleurs étaient d’une fraîcheur, les arbres d’une verdure qu’il n’avait jamais vues chez lui – et puis, il vit tant de merveilles; un animal avec une queue plus grande que son corps (c’était un écureuil) une petite bête qui portait sa maison sur son dos, (c’était un limaçon). Au bout de quelques heures il approcha une ferme, un odeur de cuisine l’attira, il entra dans la basse cour – là il vit une espèce d’oiseau gigantesque qui faisait un horrible bruit en marchant d’un air fier et orgueilleux. Or, cet oiseau était un dindon, mais notre rat le prit pour un monstre, et effrayé de son aspect, il s’enfuyait sur le champ.

Vers le soir il entra dans un bois, lassé et fatigué il s’assit au pied d’un arbre, il ouvrait son petit paquet, mangeait son souper, et se couchait.

S’éveillant avec l’alouette – il sentit ses membres engourdis de froid, son lit dur le faisait mal; alors il se souvenait de son père, l’ingrat rappellait les soins, et la tendresse du bon vieux rat, il formait des vaines résolutions pour l’avenir, mais c’était trop tard, le froid avait gelé son sang. L’Expérience fut pour lui une maîtresse austère, elle ne lui donna qu’une leçon et qu’une punition, c’étaient la mort.

Le lendemain un bucheron trouva le cadavre, il ne le regarda que comme un objet dégoutant et le poussa de son pied en passant, sans penser que là gisait le fils ingrat d’un tendre père.

 

 

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