Lithothérapie Des Pierres si Précieuses (Psychologie.com magazine)

Inerte, inanimé… Le caillou qui roule sur le chemin ne semble guère porteur de vie. Certains le considèrent pourtant comme un merveilleux concentré d’énergie. A la découverte du monde des minéraux, entre réalité et magie.

Odile Chabrillac

Lorsque j’ai décidé d’arrêter de fumer, j’ai choisi un beau caillou sur un sentier, raconte Thierry, 38 ans et amateur de pierres. Je l’ai gardé sur moi en permanence, et je le touchais dès que l’envie de replonger me démangeait. A la fois gri-gri et point d’appui, il me rappelait la promesse que je m’étais faite. Je n’ai jamais repris. Je suis certain qu’aucun autre objet n’aurait pu m’apporter tant de force.

Des cristaux dans nos cellules

Utiliser des minéraux pour se faire du bien n’a rien d’une nouveauté. C’est probablement quinze mille ans avant notre ère que la lithothérapie serait née, lorsque l’homme préhistorique recherchait dans le minéral force, protection et fécondité. Mais ce sont les Egyptiens, trois mille ans avant Jésus-Christ, qui ont organisé le symbolisme des pierres : leur couleur et leur emplacement sur le corps gagnent alors en signification et en précision. En Chine, en Inde, mais aussi en France au Moyen Age, on les utilisait quotidiennement. Aujourd’hui, intégrée dans les thérapies énergétiques, la lithothérapie suscite un intérêt croissant souvent mêlé d’interrogations, voire de cynisme. Comment un objet inerte peut-il faire de l’effet ?

Au commencement était la pierre, se souviennent tous ceux qui recherchent en elle un moyen de se régénérer. Le spécialiste Gérard Cazals, créateur de l’entreprise Cristal’Essence, s’y intéresse avant tout comme vecteur de bien-être : « Dans l’idée de ressourcement, il y a celle de retour aux sources. Or, le monde minéral est à l’origine de l’univers. Nous considérons qu’il existe dans notre corps une trace de toute notre histoire, y compris celle-ci. D’où la présence de sels minéraux, mais aussi de petits cristaux que l’on trouve dans les noyaux de nos cellules comme dans notre cerveau. » Selon lui, une pierre extérieure pourrait avoir un impact sur la mémoire profonde de nos cellules, avec lesquelles elle entrerait en résonance apaisante. Partant de ce principe, son contact nous serait bénéfique. Contact qui peut être physique (en la portant sous forme de bijou, en l’ayant dans sa poche, en la tenant à la main), mais aussi psychique (la pierre devenant un support de méditation, ou étant mise en place sous forme de mandala – une manière spécifique de disposer les pierres dans une pièce). Mais si les pierres trouvent en nous un écho susceptible de nous détendre, peuvent-elles pour autant prétendre soigner ?

Cette idée selon laquelle une pierre pourrait avoir une action salutaire pour notre santé peut sembler saugrenue. Totalement empirique, cette technique n’a d’ailleurs jamais fait la preuve scientifique de son efficacité.

Une histoire de vibrations

Pourtant, certains inconditionnels affirment se soulager ou se revitaliser par apposition de pierres minutieusement choisies : « Sujette aux douleurs dorsales, j’utilise des petits cristaux pour venir à bout de mes crises, affirme Gaëlle, 32 ans, hôtesse de l’air. Je les applique quelques jours sur mes reins en les fixant avec un sparadrap, et la douleur disparaît. Je ne comprends pas, je ne sais même pas si j’y crois, mais ça marche sur moi. » Les personnes rationnelles expliqueront de tels phénomènes par l’effet placebo, c’est-à-dire par la croyance que place le patient dans sa guérison. « Les pierres, et surtout les cristaux, sont plus que des placebos ou des objets transitionnels ! s’indigne Reynald Boschiero, spécialiste de lithothérapie, auteur du Guide des pierres de soins (Marabout, 2000). Les résultats que nous obtenons l’attestent au quotidien. »

Certaines hypothèses ont été avancées. La physique quantique l’a montré, la matière qui nous apparaît comme solide est en réalité constituée à 99,99 % d’un espace vide baigné d’énergie. Or, cette énergie est animée de vibrations dont les fréquences varient selon les objets. « La lithothérapie cherche à capturer cette force spécifique des pierres pour améliorer la vitalité d’un organe, soit en lui apportant de l’énergie, soit en y dispersant l’énergie en excès », explique la thérapeute Galya Ortéga, qui les utilise lors de ses massages. Le biophysicien suisse Walter Stark va dans la même direction : selon lui, les vibrations électromagnétiques des gemmes seraient analogues aux vibrations cellulaires du corps humain, ce qui expliquerait leur pouvoir de régulation des cellules de l’organisme. Là où l’acupuncteur travaille avec un outil très simple (une aiguille) sur un système très complexe, le lithothérapeute travaille avec des outils complexes (une multitude de pierres) sur un système énergétique simplifié.

Celui-ci se résume le plus souvent aux sept chakras principaux (centres d’énergie en médecine indienne) et parfois à quelques méridiens. Petite sœur de l’acu- puncture donc, mais aussi de la chromothérapie, qui traite par les couleurs, et de la magnétothérapie, qui utilise l’énergie des aimants, la lithothérapie va se servir des pierres de manières multiples

 

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